VaudVers l'introduction de WC pour transgenres à l'école
Les futurs gymnases du Chablais et d'Échallens pourraient être les pilotes d'un projet qui amènerait à équiper toutes les écoles de toilettes inclusives.

Aux Etats-Unis et en Europe, de nombreux espaces culturels ne distinguent plus les genres au pipi-room.
AFPPour certains étudiants, les lieux d'aisance portent mal leur nom. En moyenne, chaque établissement du secondaire II vaudois compte 1 ou 2 élèves transgenres. Pour eux, difficile de se sentir à l'aise dans les toilettes classiques. «Ce n'est pas du tout anodin, surtout à cette période de la vie, quand l'identité de genre se forge», abonde Lionel Eperon, directeur général de l'enseignement postobligatoire dans le canton.
Mais proposer des cabinets inclusifs est un vrai casse-tête. Officiellement, l'État recommande la mise en place de petits coins et de vestiaires neutres. En fonction des établissements, des aménagements ont été réalisés au cas par cas. Mais contrairement à la Ville de Berne, qui vient de décider d'encourager la création de cagouinces neutres dans les écoles, aucune norme n'est encore établie en terre vaudoise. «Un groupe de travail va se pencher dans les prochains mois sur la question dans le cadre de la construction des deux futurs gymnases vaudois, à Aigle et à Échallens, précise toutefois Lionel Eperon. Notre rôle est d'assurer une école sans discrimination. Et la tendance est là, on le voit avec les WC de Plateforme 10, qui seront non-étiquetés.»
Reste à savoir si l'État va privilégier une troisième catégorie de latrines, en conservant celles des filles et des garçons, ou si il optera pour un modèle universel, où tous les trônes seraient ouverts à tous. D'un point de vue technique, ce dernier pose moins de problèmes. «Car par souci d'homogénéité et d'égalité, nous devrions alors adapter les bâtiments existants, reprend Lionel Eperon. Mais nous n'en sommes pas encore là.»
Chez les petits aussi
L'État de Vaud confirme que les mêmes réflexions sont en cours au niveau de l'école obligatoire, et donc pour des enfants très jeunes. Mais ici, ce sont les communes qui sont les propriétaires des bâtiments scolaires et donc elles ont leur mot à dire sur le sujet. Contacté, le municipal lausannois de l'enfance David Payot ne cache pas son intérêt, même si ce n'est pas pour demain. «Lausanne n'a pas développé cette organisation des toilettes dans les bâtiments scolaires, mais nous pourrons l'examiner lors des prochaines réfections», écrit-il.
Pas de solution miracle
Cabinet à part ou cabinet universel? La première solution présente des risques de stigmatisations ou de moqueries, tandis que la seconde peut heurter la pudeur de certains. C'est pourquoi l'association de défense des intérêts de la communauté LGBTIQ Vogay préfère la souplesse. «Il faudrait que chaque école, en fonction de ses besoins, puisse choisir quelle solution inclusive elle préfère, indique son président Mehdi Künzle. Il ne faut pas imposer un modèle unique. C'est en étant souple et à l'écoute que l'on construit une vraie inclusion.»